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Ouverture du Mois du Documentaire le 22 novembre à la MJC Picaud ( Cannes)
Le documentaire face à la peinture : Fernand Léger, les motifs d’une vie ( Alain Bergala)

 

Ne manquez pas l’ouverture du mois du documentaire mardi 22 novembre. 19h30 à la MJC Picaud de Cannes

Le documentaire face à la peinture

En présence de Alain Bergala, réalisateur du film et critique cinématographique, Brigitte Hedel-Samson, conservateur du musée national Fernand Léger, et Frédéric Altmann, journaliste et directeur du Centre international d’art contemporain de Carros

Projection du documentaire : Fernand Léger, les motifs d’une vie ( Alain Bergala)

Le réalisateur

Alain Bergala est essayiste, critique de cinéma et réalisateur de films. Enseignant à l’Université Paris III et à la FEMIS, il a également été rédacteur en chef des Cahiers du cinéma. Conseiller cinéma à la Mission d’éducation artistique et d’action culturelle, Alain Bergala est directeur de l’Eden Cinéma (éditions Scérén -CNDP), collection de DVD libres de droits pour une diffusion en classe. Il est notamment l’auteur de L’Hypothèse cinéma, petit traité de transmission du cinéma à l’école et ailleurs, (éditions Cahiers du cinéma, 2002) et d’un essai sur Abbas Kiarostami, réalisateur de Le Vent nous emportera, qui figure au programme du Baccalauréat 2005.

Le film

Le réalisateur tisse entre la vie et l’œuvre du peintre des fils originaux : des fragments du monde de Léger sont sortis de leur environnement et deviennent des motifs picturaux : une serrure énigmatique, " objet-action " témoin de l’histoire d’amour entre le peintre et Simone Herman. Une échelle, un escalier, inspirés du « Nu descendant un escalier », de Duchamp, ou encore du grand escalier de "la Ruche". Une bicyclette, peut-être celle sur laquelle on raconte que Léger, attablé à "la Closerie des Lilas" vit arriver sa future femme en robe de mariée, fuyant ses noces avec un notaire de province. Des agaves, aux formes pures, rencontrées en Corse et aux Etats Unis. Le canon de 1914, dont Léger fait un objet esthétique, "ouvert en plein soleil, magie de la lumière sur le métal blanc". Les livres, les fleurs, les comètes... dégagent leur trop plein de réalité dans un espace indifférencié, dont Alain Bergala dégage les clés.

Les approches du documentariste face à l’œuvre d’art

Un documentaire peut filmer l’œuvre dans sa matérialité, en grossissant tel détail, en mettant en évidence tel support, ou dégager des problématiques esthétiques en provoquant des rapprochements. C’est alors un art qui en questionne un autre, sur sa fonction, son essence.

Par nature, le cinéma est un art du mouvement. Comment peut-il alors rendre compte de l’image fixe ? Il lui faut inventer un cheminement dans les tableaux, à partir de points d’accroche. Il impose alors un regard.

Le cinéma est un art du montage ; il permet de rapprocher les images et de les faire dialoguer. Le documentaire peut apporter des éléments extérieurs pour éclairer les tableaux : des faits biographiques, historiques, sociaux. Léger se défend de tout sentimentalisme dans son œuvre. Les visages qu’il peint sont inexpressifs, et ses décors sont irréels, malgré la matérialité qui émane d’eux. Pourtant, dans son documentaire, Alain Bergala parvient à dégager l’humanité qui imprègne ces tableaux.

Léger et le cinéma

Projection d’un extrait du " Ballet Mécanique", film réalisé par Fernand léger en 1924 avec des prises de vue de Man Ray, Dudley Murphy et une musique de George Antheil.

Dans ce court métrage "sans scénario", les protagonistes sont des bouteilles, des chapeaux, des jambes artificielles, dont les mouvements sont ponctués par les motifs récurrents d’une lavandière montant des escaliers sans fin et d’une balançoire. Léger invente l’objectivité en mouvement. Ce film rare, peu présenté dans les salles, s’apparente aux recherches futuristes et aux effets de montage qu’ Eisenstein utilise à la même époque dans "Potemkine"

Les contributions de Léger aux films de son époque sont nombreuses : il réalise les décors du film " l’Inhumaine" de Marcel l’Herbier, peint l’affiche du film "la Roue" d’Abel Gance et tourne une scène pour " Dreams that money can buy" de Hans Richter. Il écrit des textes critiques, dans lesquels il évoque "les effets incalculables" de cet art qui rejoint son nouveau réalisme.

Les commentateurs de l’œuvre de Léger ont souvent relevé le caractère "cinématographique" de son œuvre : les contrastes multiplicatifs des œuvres de 1912 introduisent le mouvement , la fragmentation souligne l’importance du "gros plan" et le montage crée des collisions d’objets sortis de leur contexte.

La postérité de Léger

Le documentaire peut-il changer le regard qu’on porte sur une œuvre ? Quelle est sa place dans le dispositif de monstration d’une œuvre ? Les films tournés sur l’œuvre de Léger ont parfois renforcé les images d’Epinal qui ont fait de lui un cubiste, voire un "tubiste", un naïf ou un coloriste... les œuvres des anciens élèves de Léger exposées au Centre d’Art de Carros pendant l’été 2005 révèlent au contraire la modernité que ces artistes ont pu puiser dans cette œuvre.

 
 
Publié le mercredi 2 novembre 2005
Mis à jour le samedi 25 août 2007

 
 
 
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