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Ma folle journée...avec Eric Zemmour
D’interviewes en conférence, Eric Zemmour a charmé ses interlocuteurs lors de son bref passage à Nice

 

Ma folle journée...avec Eric Zemmour !

 

8 h 30, je file vers l’aéroport avec quelque angoisse : et s’il ne venait pas ? S’il craignait de ne pouvoir repartir, je me garderai bien de le lui dire, mais aucun vol ne semble maintenu le 28, et les faits me donneront raison.

9 heures, arrivée à l’aéroport, Jean-Jacques Bitton m’appelle, il a entendu une annonce à la radio, et a découvert la présence à Nice d’Eric. Rendez-vous est pris pour une interview à 10 h 45, à l’hôtel. Je me précipite au guichet des arrivées : le vol de Genève a bien atterri, il n’y a plus qu’à attendre. Eric Zemmour sort dans les premiers passagers, ouf ! je suis si contente que je me jette littéralement sur lui, ah, il est beaucoup mieux qu’à la télé, il a de beaux yeux verts et de longs cils... et lui fais la bise plutôt que de lui serrer la main, mais Eric fait partie de ces gens qui doivent dégager tellement de tendresse qu’on a tout de suite envie de les prendre en affection-sous son aile, comme dira un de mes collègues !

 Je lui annonce le programme, qui est chargé : une itw ce matin, une à midi à Grasse, deux dans l’après midi et une au moment de la conférence...Eric Zemmour est fatigué, pas rasé, mais bon, il prend ça avec bonhomie. On parle rapidement de sa prestation chez Ardisson, je lui demande si ce n’est pas trop dur à vivre. Mais non, il a l’air content, c’est la loi du métier, il faut se montrer, qu’on parle de vous...

On y va, et dans le feu de la discussion, j’oublie de retourner au T2 pour faire modifier son billet. Bon, je retournerai...A l’hôtel, l’accueil est exemplaire, il n’est pas 10 heures, mais bien sûr Monsieur Zemmour, votre chambre est prête, on va vous donner la plus belle... je l’abandonne et retourne donc régler le billet de retour. La queue, zut, c’est plus long que prévu ! et, non ! rien à faire, l’hôtesse ne peut me dire si le vol est maintenu et ne peut changer le jour tant qu’on n’est pas sûr de cette annulation,. Du calme, j’appellerai Denis, il verra ça plus tard, nous avons d’autres urgences !

Retour à l’hôtel, l’interview a commencé. « Quoi, il n’a pas lu mon livre ! » s’était inquiété Eric, mais tout se passera au mieux, apparemment le premier contact entre les deux hommes a été positif et « ça coule », les questions sont pertinentes, fouillées. Eric Zemmour répond avec feu, je me dis pourvu qu’il en reste un peu ce soir après quatre itw...

11 h15 Eric me demande s’il a le temps de prendre une douche, on doit être à Grasse à 12 h30, et je sais que je vais chercher mon chemin pour Agora FM, je me perds toujours, j’y vais chaque année mais c’est toujours l’enfer, je ne passe jamais par le même chemin, j’oublie d’une fois sur l’autre...

Chemin faisant, la discussion est vive, pas un blanc, c’est fou, on parle du livre, de l’éducation, du journalisme, des rapports hommes femmes bien sûr !

Le téléphone n’arrête pas de sonner, le mien, le sien, pour une itw, pour le Figaro, mais la conversation reprend sans problème...

12 h 20 je me gare, me semble-t-il, à proximité de la bonne entrée de la vieille ville. Là je demande agora, agora, personne ne connaît, incroyable ! Appel de Patrick, aie, effondré par la nouvelle !ce n’est pas le moment, je n’ai pas le temps, on est attendu... Désarroi de Patrick « non je ne viendrai pas à la réunion, ni au dîner, mais je viendrai pour la conférence »...pauvre Patrick ! il a travaillé comme un fou pour notre JJJ, et le voilà dépossédé de son accouchement ! je n’ai pas le temps de lui raconter, de lui dire à quel point j’avais été sidérée moi aussi, mais qu’il fallait reprendre courage et repartir pour remettre ça en mai. Encore une fois, je me dis « Denis le fera... », Je n’ai pas les mots, et pour le moment je suis dans une autre dimension, heureusement sans doute ! D’ailleurs, je dois remercier Patrick qui a eu l’idée de contacter Zemmour, de le convaincre de venir pour la JJJ, de le rattraper quand il l’a senti hésiter...ce fut une riche idée, et jusqu’au bout de la journée j’aurai cette idée en tête   ! Patrick ne viendra même pas à la conférence, j’ai peine pour lui, mais non, tout son travail n’est pas perdu, c’est pour ça qu’il faut se remobiliser, et vite !

 

Bon, Agora !!! ???Survient un agent de la municipale, la providence ! Ah, vous voulez dire Agora FM ?il va nous y mener, Eric téléphone, moi je tape la causette avec le policier, et j’oublie de repérer le chemin pour le retour, que nous effectuerons seuls cette fois ! je ne parviens qu’à retenir la « rue sans peur »...un tout petit caillou...

12 h30 Super ! on est à l’heure ! Stéphane Gravier est surpris, il m’attendait seule pour parler de la JJJ, ça accroche un peu au départ, et...il n’a pas lu le livre,mais en bon journaliste il va s’adapter...Et nous passons à l’antenne, enfin, Eric Zemmour plutôt, je n’interviendrai qu’à une reprise, plus envie de parler de la JJJ, trop tard pour la semaine de la presse, trop tôt pour faire le bilan...et pour moi, c’est devant qu’il faut regarder, la parenthèse n’est pas encore refermée. Et puis c’est normal : j’ai promis à Eric Zemmour un plan média à la hauteur, je peux bien lui céder mon temps d’antenne !

14 heures : on est de retour à Nice, on s’est dit plein de choses, je n’ai pas vu défiler la route, Eric est quelqu’un de très agréable, décidément, avec qui je m’amuse follement ! Il est fin, cultivé, amoureux des mots et de la langue française « Racine, le sommet de la pureté »...des 17° et 18 ° siècles, On parle de Rousseau, je lui propose une lecture différente de la Nouvelle Héloïse, qui n’est pas que l’apologie de la passion. Tiens, me dit Eric, je vais y regarder de plus près...Il me parle de Napoléon, quelle stupidité de le comparer à Hitler, des soldats de l’an II, de la meilleure armée du monde, défaite parce qu’elle est allée s’embourber en Espagne, et qu’aux Russes on n’a pu oppose que des soldats sans expérience...je résume bien sûr !

Et aussi des mariages arrangés, qui parfois pouvaient mener à l’amour, cf Saint-Simon, qui a voulu son cercueil enchaîné à celui de son épouse...

On déplore ensemble le triste état de la littérature française contemporaine, mais ajoute-t-il, les anglo-saxons n’ont nul souci du style. On évoque le Cercle Fermé, « bon sujet, intéressant sur les années Blair, ah oui, dis-je, il y est question de rock progressif, ça m’a interpellée pour ça, très peu précise-t-il, mais vraiment aucun style   ! Eric Zemmour est un maniaque du style, Flaubert, Chateaubriand sont ses modèles...C’est vrai qu’il écrit superbement bien ! On évoque les prénoms de nos enfants, Hugo, Thibaut, Constance pour lui...Eh oui, il leur a lu les trois Mousquetaires, et pour moi Bérénice, ah c’est ma pièce préférée de Racine dit-il, j’ajoute que c’est aussi à cause d’Aurélien, d’Aragon...dont il adore la Semaine Sainte

Il n’est pas mécontent je crois de pouvoir aller souffler un peu, et se restaurer... Daria de Radio Bleu en définitive, l’appellera dans le courant de l’après-midi pour un direct de trois minutes !

Je le dépose et retourne auprès de mes collègues, Marie-Françoise, Jean-Paul, Jean-Louis, Jacqueline. Denis n’est pas encore arrivé et bonne nouvelle, Avraham va nous rejoindre... je n’ai pas mangé, j’attaque un paquet de chips achetées pour la conférence de presse, dont je ne sais plus que faire... Jacqueline nous fait un café, on fait le point, on est tous prêts à repartir, reste à fixer une date, ça dépendra du Nikaïa, encore du boulot pour Denis... Vite il faut vérifier que tous les établissements ont bien reçu mon mail pour le report. On s’y met tous, on appelle, et certains découvrent avec effarement qu’il faut annuler les bus, d’autres sont ravis « parce que le principal avait annulé la sortie et que les élèves étaient déçus » et donc pourront prendre part à la JJJ en mai !

16 h30, il est temps d’aller au Théâtre de la Photo, normalement Kiss FM attend Eric, mais déception, elle ne viendra pas... En revanche, on est attendu, et superbement accueilli par les employés et le directeur M. Giusto, vraiment charmant, qui nous invitera à réitérer ce genre de manifestations.

Il y a déjà du monde devant l’entrée, à 17 h 45, je laisse entrer le public, qui afflue, une bonne centaine de personnes, dans ma nervosité, je m’étais amusée à compter les sièges, 150 exactement, et la salle est presque pleine. Ah, ça fait plaisir, on ne peut pas toujours tout rater !

Eric arrive impeccable, costume, cravate, rasé, ah, ces poils-là, il n’aime pas me dit-il...Il sympathise avec le public, avec mes collègues qui l’adoptent instantanément...

18 heures, c’est l’heure ! Doublement, car c’est aussi le moment où l’on sera fixé pour l’avion. Denis..encore !Le pauvre, il ne verra rien de la conférence, il ne lui reste plus qu’à acheter le livre, ce qu’il fera, et il n’aura même pas eu sa dédicace   ! Jean-Paul prend des photos, Avraham répondra si Denis appelle, Marie-Françoise se fait la vestale des livres, sur les marches, j’ai l’impression que l’équipe tourne, c’est un bonheur...

Francine est chargée de l’accueil, elle présente notre invité, mais doit partir rapidement à ses obligations. J’enchaîne

 

Eric Zemmour, bienvenue à Nice !

Votre livre « le Premier sexe » est paru il y a à peine un mois, et vous a mis très rapidement sous le feu des projecteurs.

 

Pamphlet, brûlot antiféministe, il avait de quoi vous mettre à dos pas mal de monde.

D’abord, vous posez un diagnostic.

Premier constat sans surprise, la différence des sexes a tendance, dites-vous à s’éroder. Exemple, les mannequins, garçonnes, encore que ces dernières années, les rondeurs aient singulièrement repris du poil de la bête si on peut dire, alors que les hommes ont perdu les leurs... Mais admettons, les couturiers sont gays... ah non, vous n’allez pas raconter mon livre, m’interrompt Eric, laissez moi le soin de le faire !

 

Donc je zappe ce qui suit :

(Et ont contribué à changer le goût des hommes.

Second constat : les hommes se féminisent, fréquentent les salons de beauté...)

 

Je reprends

 

Seriez vous un nostalgique... du bon temps où les femmes étaient soumises  à la volonté des hommes, où leur univers était uniquement domestique...

Eh bien ce n’est pas si simple ! mais vous allez nous éclairez là-dessus...D’ailleurs vous vous en prenez aux médias, la pub, au grand capital...

 

Je le dirai sans ambage : Moi ex soixante-huitarde, qui suis venue à la lecture, voire à l’écriture grâce à Simone de Beauvoir, j’ai adoré votre livre !

Je l’ai lu d’une traite, et il faut vous reconnaître un indéniable talent d’écrivain Une sonate allegro de bout en bout, avec des motifs récurrents modulés en mode social, symbolique, psychologique. : Votre style, vif, alerte, votre plume acérée, imagée, font que ça se lit comme un roman. 

 

Et dans un sens  c’en est un, un miroir qu’on promène le long d’un chemin.

 

La référence à Stendhal, visiblement, ça lui plaît, Eric opine...

 

J’avoue aussi que je l’ai pris avec des pincettes et beaucoup de réticences, et très vite je me suis laissé surprendre : ce que vous avez écrit est un livre politique autant que polémique.

 

En commençant ma lecture, j’avais envie de vous poser la question : Pourquoi en voulez-vous tant aux femmes  ? et a posteriori, j’ai plutôt envie de vous demander : pourquoi en voulez-vous autant ...aux hommes ?

 

En d’autres termes qu’est-ce qui a motivé l’écriture de ce livre ? Avez-vous des comptes à régler ? Avez-vous voulu provoquer, bien que vous vous défendiez d’être polémique ?  Racontez-nous !

 

Et c’est parti, « non je n’en veux à personne ! surtout pas aux femmes », Eric est tout sauf misogyne ! Il va parler près de ¾ d’heure, il est brillant, drôle, charmant, convaincant, j’observe certaines mines ulcérées, d’autres visages ravis, qui approuvent...

Je pose encore une question à propos de son allusion au sionisme, valeur sûre, rassurante même, chez les jeunes Juifs de France. Peut-on parler de machisme à propos d’un pays où les femmes conduisent des camions, sont ultra émancipées et font la guerre ? Eric précise, le sionisme, c’est une réaction virile face à un judaïsme qui avait tendance en Europe à courber l’échine face aux pogroms, comment aurait-il pu en être autrement...

Au public maintenant, déjà 19 heures voire plus... beaucoup d’interventions, intéressantes...une jeune fille qui s’indigne que Eric ose prétendre détenir la vérité...ce qu’il récuse, naturellement. Quelqu’un se désole qu’il ne soit pas entendu, mais qu’en sait-on au fond ? Eric est très médiatisé, et c’est la raison d’être de son livre de ne pas hurler avec les loups...

Je guette mon téléphone du coin de l’œil, je crois reconnaître le numéro de Denis qui s’affiche, Avraham répond, on a dix minutes pour lever le siège   ! Eric doit être à l’aéroport à 20 h15, et il faut repasser à l’hôtel ! Panique ! un peu sèchement, sans beaucoup de précautions oratoires, je casse l’ambiance et explique la situation. Tambour battant, séance de signature, beaucoup d’éloges, les gens sont ravis, ça fait plaisir. Tout le monde a adoré Zemmour, il est adorable   ! M. Giusto sourit avec bienveillance, ça fait doublement plaisir, cette salle est une merveille, elle doit dégager de bonnes ondes... Au passage, je serre la main à Geneviève Roussel, venue pour la JJJ, et donc qui a fait le déplacement pour rien...bêtement j’oublie de lui rappeler qu’on dîne ensemble, avec l’équipe...

 

Je laisse Jean-Paul se dépatouiller avec les livres et la caisse, et je conduis Eric à son hôtel, accompagnée d’Avraham, tout juste le temps pour lui de remballer ses affaires, il aura peu profité de la chambre (mais il a quand même fait la sieste heureusement !). Je les dépose devant l’aéroport. Il est à peine 20 heures : c’est bon Eric aura son avion. Il aura fallu que Denis fasse les yeux doux à une hôtesse pour qu’il puisse embarquer. Mais monsieur Zemmour, -non pas le coiffeur...ah oui, je vous ai vu la la télé- ce n’est pas n’importe qui, ça se vérifie encore un coup.

Je récupère Avraham et Denis. Il faut absolument qu’on ait Eric pour la JJJ, il fera un tabac avec les jeunes ! et puis on l’aime, il nous a tous séduits... On va lui organiser une autre rencontre en mai...Et je crois aussi qu’il nous a bien aimés !

Je ne sais plus l’heure, on a rendez-vous chez Flo pour un dîner à quatre à peine, on aurait dû avoir Ivan Florence, Gisèle et bien sûr Eric, et tous les autres...bon, c’est un peu triste, Marie-Françoise est partie un peu dépitée,sur un bête malentendu, allez Denis, tu te charges de la réconforter...

Sauternes pour tout le monde !

 

 
 
Publié le samedi 25 août 2007
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