« Le Voyage de Dimitri Chostakovitch », une soirée magique !
Dans le cadre du mois du documentaire, le clemi Académie de Nice a organisé une soirée évènement autour du personnage de Dimitri Chostakovitch.
Après un discours d’accueil le public nombreux pu assister à la projection du documentaire « Le Voyage de Dimitri Chostakovitch« .
Synopsis :
Les neuf jours de voyage à bord d’un paquebot en 1973, de Moscou à New York forment les neuf chapitres de ce portrait de Dimitri Chostakovitch. D’intimes fragments de sa vie contrastent avec l’utilisation de la propagande idéologique mise en scène lors de ce voyage. Un génie tiraillé entre la liberté et l’idéologie dure, entre la survie et la réalité. Des sarcasmes sombres, des lyrismes à couper le souffle, joies exagérées et célébrations effrayantes,la musique de Dimitri Chostakovitch jou le rôle…
Discours d’accueil
» Mesdames, Messieurs,
Je suis heureuse de vous accueillir pour cette soirée d’inauguration du 10° Mois du documentaire.
Ce soir, c’est un peu exceptionnel car partout on fête l’anniversaire de la chute du mur de Berlin.
Comme un peu partout donc, nous avons décidé de « faire le mur ». et ce, dans les deux sens…
Nous allons replonger dans un passé antérieur à1989, en regardant le film inscrit au programme de ce soir.
Nous passerons au-delà et en deçà du mur, plus précisément du rideau de fer, qui s’est également levé à la même époque.
Mais c’est un angle bien particulier que nous avons choisi : celui de la musique. Et en cela, le film « le Voyage de Dimitri Chostakovitch » pose bien des questions : quelles relations l’art entretient-il avec le pouvoir ? Peut-on créer en l’absence de démocratie ? Mais surtout , comment la vie d’un homme, d’un artiste peut-elle se faire le reflet de tout un pan de l’Histoire ?
Cet homme, cet artiste, vous le savez, c’est Chostakovitch. J’ai donc invité des personnalités éminentes qui pourront évoquer l’homme et l’œuvre, pour avoir côtoyé l’un et continuer de côtoyer l’autre. J’ai l’honneur d’accueillir deux musiciens renommés : Misha Katz et David Levy, que je vous présenterai plus en détails après le film.
Un mot rapide sur le cadre de cette manifestation.
Elle s’inscrit dans notre mission d’éducation aux médias, que pour ma part j’accomplis pour l’Académie de Nice, et que notre partenaire EMPOLOCI soutient et promeut dans un contexte associatif.
Cette mission éducative croise la maîtrise des techniques de communication et d’information et la culture humaniste. Mais c’est surtout un engagement au service de la citoyenneté, un impératif citoyen, comme le préconise le rapport de l’Inspection Générale.
J’attire votre attention sur le second volet académique de ce Mois du doc niçois, chaque établissement ayant toute latitude pour l’organiser en son sein.
Le 19 novembre, c’est l’Université de Nice qui nous accueillera à la Faculté des Lettres pour une journée entière sur le documentaire. Avec deux films sur l’avant et l’après…et le réalisateur Iossif Pasternak!
Je vous invite vivement à y assister pour tout ou partie.
Je tiens à remercier de tout cœur la ville de Nice et la cinémathèque, Odime Chapel , Julie Halbrun tout particulièrement pour toute leur assistance dans la préparation de cet événement, et naturellement le projectionniste, qui est un acteur fondamental de cette soirée.
Avi Vanwetter, qui m’a si bien guidée vers les invités qui sont ici présents, ainsi que Joelle Perelberg et Jacques Poulain qui m’ont permis de découvrir que les Chostakovitch fils et petits fils résidaient sur la Côte.
L’association EMPOLOCI en la personne de Denis Hernandez permet au CLEMI de fonctionner.
Et vous tous qui nous suivez fidèlement.
Je vous souhaite une excellente soirée ! «
Un public très réceptif a assisté à la soirée d’inauguration du 10° Mois du documentaire, organisée pour la 3° année consécutive à la cinémathèque de Nice. Cette 10° édition, qui commémorait le 20° anniversaire de la chute du Mur de Berlin s’est déclinée en deux volets : la soirée du 9 novembre à la cinémathèque et la journée de formation du 19 novembre à la faculté des Lettres de Nice.
Le 9 novembre, le film « le voyage de Chostakovitch » était à l’honneur et permettait de revenir sur la vie et l’œuvre du compositeur, en même temps que de balayer tout un pan de l’histoire du régime soviétique et du stalinisme. Une période dramatique pour ceux qui l’ont vécue. Aussi le maestro Misha Katz donnait-il, une fois les lumières revenues, un ton très émouvant à la discussion qui s’ensuivit. Il évoqua avec beaucoup de ferveur la musique de Chostakovitch, liée à sa propre enfance, car elle fut dirigée par son propre père dans sa ville natale. Mais aussi, avec beaucoup de pudeur, les années difficiles qui ont précédé sa venue en France. Il confirma les impressions ressenties grâce au film de Chostakovitch homme angoissé, perpétuellement torturé, et créant comme inspiré, comme s’il n’était qu’un canal de sa création musicale.
David Levy intervenait ensuite pour donner son point de vue d’interprète spécialiste du maître russe, bien qu’il soit britannique. Un interprète qui a une parfaite connaissance de cette œuvre fort difficile et virtuose, à l’instar de son compositeur. Et Misha Katz d’ajouter, louant le jeune interprète, que Chostakovitch ne supportait pas la médiocrité. David Levy, lui fut brillant dans ses interprétations tout en rendant l’intériorité des pièces interprétées.
Les deux « prélude et fugue », le premier et le dernier, qu’il donna à entendre au piano, achevèrent de convaincre l’auditoire de la beauté et de la profondeur de cette musique. Après la seconde audition, il fut difficile, tant l’émotion avait envahi le public, de reprendre le cours de la discussion. Des questions cependant furent posées à Misha Katz, témoin précieux de la vie et de l’œuvre du compositeur.

















